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Les Chroniques de Domloup

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Les chroniques de Domloup, anecdotes de vie qui participent à l'histoire de la ville.

Une ville sans histoire est une ville sans âme. Et mieux connaître l'histoire d'une ville permet de mieux la comprendre. Si Domloup a su grandir et se moderniser peu à peu sans perdre son caractère, ses racines, être Domloupéen c'est une identité qui se construit jour après jour, dans la participation de la cité aux grands moments de l'histoire de France, dans des anecdotes de vie.
La lecture de l'histoire de Domloup vous apportera l'envie d'apprécier davantage votre ville et d'agir activement pour assurer son avenir.

Ainsi les Domloupéens ou des observateurs extérieurs ont écrit et ce depuis des siècles l'histoire de leur ville qui se prépare à entrer dans le troisième millénaire.

Cahier de doléances, plaintes et remontrances de la commune et paroisse de Domloup

Nous, Laboureurs, Marchands, Artisans et autres habitants le presbytère de la paroisse de Domloup, assemblés par les ordres du Roi, pour procéder à la rédaction du cahier de nos griefs, doléances, plaintes et remontrances déclarons d'abord que pénétré de la plus vive reconnaissance de l'appui et de la protection du trône, à qui le peuple doit le peu d'existence dont il a joui jusqu'à présent, (&) nous promettons et jurons au meilleur des rois un amour, une fidélité et un dévouement sans bornes et inaltérables. 

Nous nous plaignons au meilleur des rois : 
     1° d'être seuls soumis à la corvée des grands chemins qui enlève les laboureurs aux travaux de l'agriculture, si utile à la prairie, opère notre ruine et déserte nos campagnes de gens riches qui se réfugient à la ville pour s'en exempter, ce qui accroît notre peine et notre misère.
      3° A Dieu ne plaise que nous nous plaignons des seigneurs hauts justiciaires de notre paroisse et de leurs pères. Nous n'avons au contraire que sujet de nous en louer et surtout de leur charité de l'esprit de justice d'équité et de générosité qui les a toujours distingués et animés (&), mais il n'en est pas de même en général de beaucoup d'autres seigneurs dont le dur orgueil et le despotisme sont parfois effrayant et insuportable ; et à leur égard, réunissant nos voix à toutes celles de la Bretagne, nous ne craignons pas de nous plaindre au roi (&)
      10° Nous nous plaignons d'avoir en Bretagne où quatre et cinq degrés de justice ou jurisdiction où se portent successivement et graduellement appels et contredits des sentences rendues en chaume, ce qui nous fatigue, ôte tout espoir et nous abat, opère bientôt notre ruine et fait triompher le riche du pauvre de plusieurs manières.(&)
      Qu'il nous soit permis de trier et chasser chacun sur nos terres, le gibier bêtes fauves et sauvages qui mange nos semences et détruisent nos moissons. Au surplus adhérons et adoptons en général tous et chacun les articles et demandes qui seront contenues dans le cahier de la Ville de Rennes qui n'auraient pas été prévue et suffisamment développée par le présent.
      Sait et arrête sous nos sings en ce que nous savons signer et ceux de Monsieur Le Sénéchal et procureur fiscal de cette paroisse ce jour 3 avril mil sept cent quatre vingt neuf.


Délibérations du conseil municipal de Domloup en 1792

      Du dimanche 1er janvier 1792, nous maires, Municipaux et notables soussignés, Présent le Procureur de la Commune, assemblés à la maison commune et délibérant sur les menaces faites par les gens de la paroisse de Chantepie, tous gens pervertis par leur ancien curé, de tomber aujourd'hui armés sur notre paroisse de Domloup.
      De maîtriser ces habitants ; et considérant que les Sieurs, curé et vicaire de notre petite paroisse, ne cessent depuis environ deux ans d'alarmer les consciences non seulement de nos habitants, mais de ceux des paroisses circonvoisines, par des man½uvres concertées et combinées avec les autres prêtres et curés réfractaires, pour inspirer au peuple que tous les nationaux qui entendent la messe des prêtres assermentés et en reçoivent les sacrements, sont schismatiques et damnés.
      Considérant que toutes ces man½uvres ne tendent qu'à fomenter la guerre civile et à faire agir le poignard du fanatisme pour tascher d'opérer une contre-révolution ; qu'aussi les esprits ont formé deux parties, et commencent à s'aigrir.
      En sorte qu'il serait très dangereux de souffrir plus longtemps lesdits sieurs dans leurs places de curé et vicaire, aux risques de voir une insurrection se manifester en dedans, tandis qu'au dehors, les émigrants en relation avec tous les prêtres réfractaires et coalisés, tâchent de faire la guerre à la nation française.
      D'après toutes ces considérations, et sous le bon plaisir de l'assemblée nationale et des Directoires du département, et du district d'Ille -et Vilaine, nous avons arrêté d'assembler la garde nationale de notre paroisse, et de demander secours à celle de Chateaugiron sur-le-champ, pour nous soutenir contre les gens de Chantepie.
      Et dans la déclaration que nous allons faire après la grand'messe auxdits (&), que nous n'entendons ni ne voulons pas qu'ils fassent désormais aucune fonction de curé ou de vicaire en cette paroisse, puisqu'ils se refusent au serment ordonné par l'assemblée nationale. (&)
      Cet arrêté pris et lesdits gardes nationales mandées et arrivées un peu avant la grand'messe, les gens de Chantepie dont quelques-uns armés de pistolets se sont présentés devant nos gardes nationales qui ont voulu les renvoyer.
      Un homme de Chantepie a déchargé son arme sans blesser personne, un autre en a fait autant. Voyant cela, un garde national a tiré un coup de fusil à plomb dans le derrière d'un individu de Chantepie, un autre ayant reçu un coup de baïonnette, tous ont pris la fuite.
      Après cette affaire, les gardes nationaux sont venus avec nous entendre la messe qui a été célébrée tranquillement.